Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance son célèbre appel à la Résistance sur les ondes de la BBC depuis Londres : refusant la capitulation de la France face à l'ennemi nazi, le général de Gaulle rejoint Londres afin d'y poursuivre le combat. Le 18 juin, il lance depuis la BBC son célèbre appel à continuer la lutte, acte fondateur de la France Libre : "Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas".
Pierre Moson, Echevin du personnel, de la population, de l'Etat-Civil, des étrangers, des cultes et des anciens combattants a commémoré comme chaque année cet appel du 18 juin 1940.
En juin1940 alors que tout semblait perdu, que la Belgique était occupée par les forces nazies, ses dirigeants divisés quant à la conduite à adopter, alors que la France sombrait dans le chaos et que Pétain capitulait, De Gaulle, simple général de brigade, sous-secrétaire d’état à la défense, lança son fameux appel à poursuivre la lutte pour la liberté et l’honneur.
Son appel fut entendu en France mais aussi en Belgique et des hommes de différentes convictions politiques, philosophiques ou religieuses y répondirent soit en le rejoignant pour être incorporé dans les forces de la France Libre, soit en fondant différents mouvements de résistance.
Qu’elle soit armée ou non, l’action de ces résistants les a exposés, a mis leurs jours en danger.
Nombreux sont ceux qui pour la sauvegarde de nos libertés ont été torturés, déportés, exterminés en camp de concentration.
Ce sont nos pères, nos grands-pères et nous leur devons tout puisqu’ils nous ont légué une société certes imparfaite mais dans laquelle nous jouissons des droits fondamentaux, nous jouissons de la liberté.
L’appel du 18 juin était un acte de résistance, de désobéissance. Ceux qui y ont répondu ont souvent, la guerre finie, poursuivi leur lutte pour le progrès de l’humanité, pour un monde meilleur.
A la force nécessaire pour vaincre les armées nazies succéda la sagesse qui présida à la mise en place de réformes telles que la sécurité sociale pour aboutir à la beauté de cette oeuvre commune, la déclaration universelle des droits de l’homme.
Parmi ces résistants, Stéphane HESSEL, auteur du célèbre « Indignez-vous ! »
Dans ce manifeste il nous rappelle le programme élaboré par le Conseil National de la Résistance adopté le 15/03/1944 qui proposait pour la France libérée un ensemble de principes et de valeurs sur lesquelles reposerait la démocratie moderne.
Ces principes et ces valeurs gardent toute leur actualité pour veiller à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers, une société non des exclus mais une société qui défend les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.
Le combat des résistants reste actuel, Stéphane HESSEL nous recommande de nous indigner, de militer, de rejoindre ce courant de l’histoire qui va vers plus de justice, plus de liberté, ce courant qui vise à permettre à tout homme de bénéficier des droits prévus par la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
Pour en terminer, je voudrais condamner fermement la décision du sénat de ce 12 mai visant à prendre en considération une proposition de loi du vlaams belang.
Cette proposition de loi efface pour l’avenir tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d’actes d’incivisme « prétendument commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai
1945 » et instituant une commission chargée d’indemniser les victimes de la répression d’après guerre ou de leurs descendants. En clair il s’agit de débattre sur une amnistie des collaborateurs de la seconde guerre mondiale.
A l’exception de groen, tous les partis flamands ont voté pour.
Ce débat est ancien. Lisez par exemple les mémoires du pseudo homme d’état Wilfried MARTENS. Jeune militant flamingant, il revendiquait l’amnistie.
Nous sommes choqués, scandalisés par la demande d’amnistie. Comment imaginer que l’on puisse vouloir indemniser des collabos alors que certaines victimes de guerre n’ont-elles jamais bénéficié d’aide (les orphelins de résistants notamment)
On ne peut réécrire l’histoire, on ne peut soutenir cette démarche révisionniste : les collabos ont été jugés, on ne peut rouvrir des procès 50 ans plus tard.
Méfions-nous de ces arguments qui présentent le peuple flamand comme victime, comme brimé par les wallons ce qui expliquerait l’attitude de certains pendant la guerre. A la fin du 19èmè siècle, les candidats aux élections législatives dans notre arrondissement dénonçaient l’attribution des emplois publics aux flamands, la flamandisation des chemins de fer, des douanes et des postes.
Plus que jamais, amis wallons nous devons être vigilants, nous devons nous indigner, nous devons résister, nous devons être des passeurs de mémoire nous devons maintenir cette commémoration de l’appel du 18 juin à laquelle je vous invite d’ores et déjà l’an prochain.
P. Moson
Echevin